Interaction/interactivité
 
            Stéphanie Dansereau,didactique des médias
UQAM 2001-2002
Agir sur le système - Interagir - Agir sur le comportement -
Agir sur le système (interactivité fonctionnelle)

On définit L'INTERACTIVITÉ dans le Grand dictionnaire terminologique , comme étant la propriété ou le caractère d'un
programme permettant à l'utilisateur d'interargir avec le système en modifiant le déroulement du contenu du programme
multimédia. 

Cette définition appartient à l'interaction de l'homme avec la machine et où ce dernier peut même avoir du pouvoir sur le contenu du système, un pouvoir non seulement d'accès ou de sélection des données mais aussi un pouvoir de modification du contenu offert . Les outils technologiques utilisés sont ici des langages au service du contenu à traiter par la machine (tels le FLASH, le VRML, le JAVA, ...). 

L'encodage sur le web, du type HTML et ses cousins, n'est toutefois pas un langage de programmation au sens strict. Il ne fait que codifié l'information afin qu'elle soit déchiffrable. Il ne permet pas d'interactivité autre que celle d'offrir l'information (lire la note en bas de page)*. 

Interagir (interactivité relationnelle)

Un AUTRE AXE est à définir, celui de l'interactivité comme mode d'échanges entre les hommes, du courriel au téléavertisseur virtuel. Il s'agit ici davantage d'une interaction humaine où la machine n'est qu'un véhicule et non un moyen d'action.  Le destinataire n'agit pas SUR le contenu mais À PROPOS du contenu, et les
outils technologiques sont des outils de communication (EMAIL, FTP, FORUM, CHAT, TÉLÉPHONIE, VIDEO CONFÉRENCE...). 

Entre ces DEUX PÔLES de l'interactivité - fonctionnelle et relationnelle- des degrés (ou values) existent, à travers des modes d'action, de réactif à proactif, en passant par mutuel et interpersonnel. Deux sites américains illustrent ces pôles et degrés de façon différente, il s'agit de monkeymedia.com et nathan.com

1) Le site de la firme MONKEYmedia

Il faut aller à la rubrique REFERENCE (five styles of interaction) où un continuum
se dessine: de l'interactivité discrète à celle concrète et personnalisée.

Le premier type d'interactivité est technique: action de l'utilisateur sur l'interface;
le deuxième type est encore technique, l'utilisateur choisit des atmosphères ou des «formes»;
le troisième type touche au contenu, auteur et utilisateur interagissent sur le contenu;
le quatrième type permet de manipuler directement des objets sur le site;
le cinquième type permet à l'utilisateur de vivre des expériences dans des mondes spécifiques,
il devient un personange qui joue des rôles.Lire sur le concept d'Avatar.

La progression des types d'interactivité est intéressante: des interactions «techniques» du
premier type (boutons, panneaux, menus, curseurs), cela va vers une implication de plus
en plus grande de la personne. Cela va jusqu'à en faire un personnage, la persona du monde antique,
ce masque des acteurs.
Donc, l'utilisateur devient un participant et non plus un simple lecteur ou spectateur.

2)  L'autre site, celui de Nathan Nathan Shedroff, propose une illustration,  où différentes valeursou paramètres peuvent affecter le degré d'interactivité entre le message offert et l'utilisateur impliqué : le feedback (réponse) donné à l'utilisateur du programme, le contrôle que ce dernier peut exercer sur ce programme, les outils de communications qui lui sont offerts, la capacité du programme de s'adapter à ses besoins, la créativité permise/suscitée des deux côtés (donateur/destinataire des messages).

Captology

Agir sur le comportement

Enfin, une autre voie pour cerner ce concept d'interactivité où le pouvoir d'agirest du côté de l'impact recherché sur des groupes-cibles plutôt que le pouvoir d'agir sur le contenu comme tel. Ce contenu est pensé en termes non pas économique mais social et éducatif .

Il s'agit du concept de captologie,nouvel art rhétorique de la persuasion pour fins de changements
d'attitudes et de comportements (prévenir les grossesses chez les adolescentes ou offrir une information
d'intérêt public qui met de la pression sur des industries qui n'ont pas de politique environnementale ...).
Une nouvelle forme de publicité sociétale (par opposition à commerciale) .
http://www-pcd.stanford.edu/captology/

Voici le texte d'accueil de ce site américain:

Welcome to the Stanford Persuasive Technology Lab. In our lab we research and design technologies that motivate and influence users.

Like human persuaders, persuasive computing technologies can bring about positive changes in many domains, including health, safety, and education.

With such ends in mind, we are creating a body of expertise in the design, theory, and analysis of technologies. We call this area "captology."

Because captology expertise can enhance interactive technologies outside the world of academia,our research often involves collaborations with industrial partners, clients, and affiliates.

We also focus on developing the best methods for designing and prototyping new persuasive technologies.

Voici un exemple:
Persuasive Device 
Baby Think It Over
Teen pregnancy prevention doll
 
 
 
 

Notes et références

1) Lire aussi le texte de Denyse Gilbert dans le Guide de conception pédagogique et graphique d'un site éducatif sur le réseau Internet, phase production: http://www.aptic.ulaval.ca/

On y présente les technologies déployées sur le Web, leur fonctionnement et leur utilité. Ces technologies peuvent être regroupés selon quatres vecteurs :
• L'encodage
• Le multimédia
• L'interactivité du côté client
• L'interactivité du côté serveur

2) Site de la firme MONKEYmedia, "specialized in interaction as a
communications medium ... to empower the audience", Austin, Texas : http://www.monkeymedia.com

3) Nathan Shedroff, "expert and leader in the fields of Information Architecture, Interaction Design, and Online and Interactive Media", San Francisco: http://nathan.com/thoughts/interpres/c.html

4) Stanford Persuasive Technology Lab. 2001. Center for the stydy of language and information, Stanford University, California : http://www-pcd.stanford.edu/captology/

Mise à jour le 8 avril 2003